Falcon 9 (Starlink 4-7) - KSC - 3.2.2022

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taolanglais a écrit:Justement, c'est beaucoup plus long que ce qu'on espérait du système de réutilisation.
En effet, tel que nous voyons les choses actuellement, c'est plus long que les ambitions initialement affichées.

Mais abordons le problème sous un autre angle: y a-t-il, pour le moment, une raison d'aller plus vite?
SpaceX augmente le nombre de ses tirs d'année en année.
Pour 2022, ils ambitionnent un tir par semaine alors qu'ils disposent déjà d'un stock appréciable de premiers étages.
Dès lors, est-il nécessaire de tirer le même booster à une semaine d'intervalle, voir moins?

Choros

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taolanglais a écrit:
AlexSSC a écrit:SpaceX a tout de même et par 2 fois réutilisé un même premier étage en 27 jours.
Justement, c'est beaucoup plus long que ce qu'on espérait du système de réutilisation. Je pense surtout que spaceX avait dimensionné sa ligne de production par rapport à son estimation du marché, sans trop compter sur la réutilisation. Mais comme celle-ci s'est montrée viable, il a fallu trouver des débouchés supplémentaires pour les boosters usagés sans pour autant réduite drastiquement la cadence de production alors que les investissements dans les usines avaient déjà été réalisés. D'où le projet starlink, un pari risqué.
Tout ça pour dire que la cadence de tir élevé est d'une certaine manière due à la réutilisation, mais pas à cause de la réutilisation en elle même mais plutôt d'un surdimensionnement initial de l'outil de production. Rien n'empêche les chinois, s'ils ont des projets de lancements nombreux, de dimensionner leur outil de production de lanceurs en convenience, sans faire de la réutilisation. Ils sont d'ailleurs experts pour industrialiser a grande échelle les outils de production 🙂
Pour la Chine la réutilisation est clairement un objectif affiché que ça soit du côté des acteurs privés mais aussi de l'état à l'horizon 2035 tout les lanceurs doivent être entièrement réutilisable selon les plans chinois.
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taolanglais a écrit:
AlexSSC a écrit:SpaceX a tout de même et par 2 fois réutilisé un même premier étage en 27 jours.
Justement, c'est beaucoup plus long que ce qu'on espérait du système de réutilisation. Je pense surtout que spaceX avait dimensionné sa ligne de production par rapport à son estimation du marché, sans trop compter sur la réutilisation. Mais comme celle-ci s'est montrée viable, il a fallu trouver des débouchés supplémentaires pour les boosters usagés sans pour autant réduite drastiquement la cadence de production alors que les investissements dans les usines avaient déjà été réalisés. D'où le projet starlink, un pari risqué.
Tout ça pour dire que la cadence de tir élevé est d'une certaine manière due à la réutilisation, mais pas à cause de la réutilisation en elle même mais plutôt d'un surdimensionnement initial de l'outil de production. Rien n'empêche les chinois, s'ils ont des projets de lancements nombreux, de dimensionner leur outil de production de lanceurs en convenience, sans faire de la réutilisation. Ils sont d'ailleurs experts pour industrialiser a grande échelle les outils de production 🙂
 
Il y a cinq ans, sur ce Forum, nombreux étaient encore ceux qui assuraient que la réutilisation ne permettait pas de faire des économies. Quelques voix s'élèvent encore aujourd'hui en ce sens, et en même temps, les mêmes, peu soucieux de cohérence, affirment que les lanceurs européens "affrontent une concurrence féroce" (sous-entendu de la part de SpaceX qui a un lanceur réutilisable). 

En tout état de cause, la réutilisation est devenue le "Graal" de beaucoup d'acteurs parmi les plus dynamiques. Rocket Lab a d'abord mis en oeuvre d'autres pistes que la réutilisation pour disposer d'un lanceur économique, puis elle s'y est convertie, sans pour autant renoncer à ses autres approches pour faire baisser les coûts. Plusieurs jeunes pousses chinoises ont des lanceurs réutilisables en projet. Côté secteur public, les Chinois travaillent à rendre la CZ8 réutilisable.

La stratégie européenne passe par Ariane 6 qui, tout en étant un peu plus compétitive qu'Ariane 5, reste un lanceur consommable. Mais cette stratégie tend vers la réutilisabilté des lanceurs. Le projet Maïa français va dans le même sens.

Oui, c'est vrai, l'investissement initial dans la réutilisabilité se rentabilise mal si la cadence de lancement n'atteint pas un certain seuil, et SpaceX est parvenue à dépasser largement ce seuil en générant elle-même une demande complémentaire de lancement avec le projet Starlink. 

S'il est vrai qu'au départ, cette démarche a quelque chose d'artificiel, elle n'en est pas moins porteuse d'avenir car la baisse des coûts de lancement engendrée à la fois par la réutilisabiité et par le débouché Starlink ouvre la possibilité de nouveaux modèles économiques pour les clients des services de satellisation. Starlink donne l'impulsion initiale, et ensuite l'offre de lanceurs réutilisables "crée sa propre demande". De nouveaux usages et de nouveaux acteurs apparaissent peu à peu.

Quand bien même Starlink ferait faillite, l'activité spatiale générée par ce projet aura été suffisante pour changer définitivement le paysage du spatial, qui par la suite, sauf crise majeure (guerre, climat, variant infernal...), restera  caractérisé par une demande suffisamment forte pour rentabiliser les fusées réutilisables.

Starlink trace le chemin, et grâce à la réutilisabilité, d'autres besoins de transport spatial émergent peu à peu pour équilibrer le marché.

L'écart de compétitivité entre les lanceurs réutilisables et les lanceurs traditionnels qui ne le sont pas va probablement s'accentuer avec la poursuite de l'accroissement du nombre de lancements spatiaux.

Comme l'écrit parfois notre ami @Anovel, dans vingt ans, concevoir un lanceur non réutilisable deviendra aussi  peu envisageable que se lancer dans un projet d'avion dont chaque exemplaire ne volerait qu'une seule fois. Le souci de ne pas dilapider les matières premières et de générer le moins de déchets possibles venant souiller le fond des océans ou les campagnes et les villages ira dans le même sens. 

Les Chinois ne resteront pas à l'écart de ce souci d'utilisation rationnelle et économe des ressources du globe : le gigantisme de leurs besoins les confrontera encore davantage que les autres aux limites des éco-systèmes. Quand on voit les ravages que provoquent les retours incontrôlés d'étages de lanceurs en Chine, on arrive vite  la conclusion que ça va devenir intenable quand ce pays procèdera à plusieurs centaines de lancements par an.

La meilleure façon d'éviter ce type d'accident est de provoquer des retours contrôlés en douceur d'étages de fusée. Ensuite, une fois l'étage récupéré en bon état, il ne serait pas logique de l'envoyer à la décharge, alors que SpaceX a prouvé qu'il existait une méthode plutôt bon marché pour le remettre en état et le réutiliser.
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@Pierre de Sedna,
Entendons-nous bien, je n'ai rien contre la réutilisation, bien au contraire. Je pense que c'est même en tout point une bonne idée.
Seulement : on n'a absolument aucune idée sur l'aspect économique. On se doute que c'est rentable pour spaceX, dans leur configuration, sinon ils ne le feraient pas. Mais sur le coût total d'un lancement, economisent-ils 1% ? 5% ? 20% ? On n'a rien pour le déterminer. D'autant que si spaceX parvient à proposer des prix bas, rien ne nous permet de dire que c'est grâce à la réutilisation. Une bonne part de l'équation est, selon moi, due à la verticalité de l'entreprise et sa maîtrise de toute la chaîne, là où la concurrence est éclatée en une multitude de sous-traitants et de partenaires.
Je me souviens d'une interview de Peter Beck qui disait qu'ils prévoyaient de récupérer leurs premiers étages électron, mais pour des raisons de cadence faible de production et qu'ils ne prévoyaient pas de faire des économies. Mais c'était avant le projet Neutron.
Je suis un sceptique, et je constate que pour l'instant, on ne sait pas à quel point la réutilisation peut être intéressante (économiquement).
Les chinois suivent, c'est ce qu'ils font. Ils peuvent se permettre d'essayer.
Ne pas sous-estimer la dimension idéologique, en ces temps nous sommes plus facilement enclins à penser qu'il est plus intéressant de réutiliser, de recycler, que de consommer et jeter. Cela flatte notre penchant à croire que c'est intéressant économiquement, alors même que nous n'avons pas les données.

J'ai envie de te croire quand tu dis que cela va changer de paradigme, cercle vertueux, etc. Je ne suis hélas pas un croyant.
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taolanglais

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@taolanglais : C'est vrai qu'entre 1%, 5%, 20%, il y a matière à réflexion en matière de rentabilité et je te crois lorsque tu dis : en tous cas nous n'en savons rien. Je crois que jusqu'à éclaircissements depuis des sources indépendantes, on va devoir chipoter sur ce sujet. Alors chipotons...
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C'est un débat qui a déjà eu lieu de nombreuses fois sur ce forum.
J'ai la flemme de faire de l'archéologie internétique pour retrouver les différents messages, mais de mémoire, on a déjà vu des déclarations de Shotwell laissant à penser que le coût de lancement de Falcon 9 était au moins divisé par deux par rapport à un lanceur neuf.
Pour mémoire, le premier étage représente à lui seul les trois-quarts du prix de la fusée, soit environ 37,5 millions de $.
L'enjeux est donc que sa réutilisation soit moins chère que ce prix. 
Idem pour les coiffes qui coûtent 6 millions neuves.
Le deuxième étage lui sera toujours neuf quoi qu'il arrive.

Ne pas oublier que cet étage atteint une vitesse maximum de 7 500 km environ avant d'amorcer son retour.
On est donc très loin des contraintes que subissaient feu la navette pour ceux qui sont tentés d'établir une comparaison.

Quant à Rocket Lab, Peter Beck a aussi expliqué comment résoudre une partie de l'équation budgétaire de la réalisation de Neutron: un retour systématique sur la base de départ, évitant le recours à tous les systèmes de récupération que l'on voit actuellement avec F9 (navires, barges, etc...).
Son système de coiffes rétractables en forme de gueule d'hippopotame procède également de cette logique: tout ce qui doit être réutilisé revient d'un bloc sur le site de lancement, diminuant par la même tous les frais annexes.
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Choros a écrit:Quant à Rocket Lab, Peter Beck a aussi expliqué comment résoudre une partie de l'équation budgétaire de la réalisation de Neutron: un retour systématique sur la base de départ, évitant le recours à tous les systèmes de récupération que l'on voit actuellement avec F9 (navires, barges, etc...).
Son système de coiffes rétractables en forme de gueule d'hippopotame procède également de cette logique: tout ce qui doit être réutilisé revient d'un bloc sur le site de lancement, diminuant par la même tous les frais annexes.

C'est aussi l'idée pour le Super Heavy et le Starship qui devront revenir dans les bras de la tour de lancement.
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MrFrame

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Choros a écrit:C'est un débat qui a déjà eu lieu de nombreuses fois sur ce forum.
J'ai la flemme de faire de l'archéologie internétique pour retrouver les différents messages, mais de mémoire, on a déjà vu des déclarations de Shotwell laissant à penser que le coût de lancement de Falcon 9 était au moins divisé par deux par rapport à un lanceur neuf.
Pour mémoire, le premier étage représente à lui seul les trois-quarts du prix de la fusée, soit environ 37,5 millions de $.
L'enjeux est donc que sa réutilisation soit moins chère que ce prix. 
Idem pour les coiffes qui coûtent 6 millions neuves.
Le deuxième étage lui sera toujours neuf quoi qu'il arrive.

Oui je sais, le débat revient régulièrement. Et il n'est certainement pas tranché. Shotwell peut bien dire ce qu'elle veut, elle ne publie pas les comptes de SpaceX.
Je me contente simplement de rappeler ce point quand des intervenants prennent pour acquis le caractère "révolutionnaire" de la réutilisation, et prévoient un futur radicalement transformé grâce à elle. Je n'y crois que très partiellement (je ne suis pas un réac' qui va à contre-courant pour se faire mousser, la réutilisation apporte certainement plein d'avantages, plus que d'inconvénients).
J'apporte des arguments qui tempèrent les avantages de la réutilisation. Libre à chacun de les réfuter, ou de porter des œillères pour ne pas briser le rêve...

Je n'ai même pas évoqué les pénalités de masse très importantes qu'engendre la réutilisation, ou l'augmentation de coût et de masse des moteurs car pas prévus pour du one-shot, car à la base ce n'était pas vraiment le propos, mais plus on creuse et plus on s'aperçoit qu'il est probable que les gains financiers de la démarches aient plus de probabilité d'être marginaux que "révolutionnaires".

A ce propos, a-t-on des données chiffrées sur les pénalités de masse dues à cette réutilisation ? 
- ergols de retours
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- ailettes sommitales
- parachutes des coiffes
- autres ?
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taolanglais

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Qui vivra verra.
Je ne sais pas si c'est révolutionnaire ou pas.
Ce terme a été tellement galvaudé dans tellement de domaines que je m'en méfie.
C'est encore trop tôt pour le dire.

Je me borne à constater une tendance grandissante vers la réutilisation.
D'abord avec SpaceX, mais aussi BO (du moins quand ils feront voler la New Glenn), puis les Chinois, Ariane Next, Rocket Lab et sa Neutron, etc... Même les Russes ont un projet de lanceur réutilisable.
Avec un peu de recul, ça parait logique de vouloir récupérer les engins plutôt que de les jeter après une seule utilisation.
Même si les coûts ne sont pas divisés par 100, une division par 2 ou 3 serait déjà un très grand progrès.

Tous ces gens qui se lancent dans des projets de lanceurs réutilisables suivent-ils une mode? Ou ont-ils finement affûté leurs calculs dans leurs centres de recherche?
Je ne répondrai pas personnellement à cette question, n'étant pas à leur place.

Mais mon opinion personnelle veut croire qu'ils pensent que c'est un pari gagnant.
Et bien évidemment, cette opinion n'a pas force de démonstration.
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Bon, ça c'est fait (encore fait), comme d'habitude ; c'est désespérément encore réussi  FB_ok FB_bravo FB_ennui
Astro-notes
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Astro-notes a écrit:Bon, ça c'est fait (encore fait), comme d'habitude ; c'est désespérément encore réussi  FB_ok FB_bravo FB_ennui
Moi je me félicite de cette banalisation.
J'espère même qu'un jour on en parlera même plus, tant ce sera commun.
Tout comme comme on ne commente pas chaque avion qui décolle ou chaque navire qui appareille.
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taolanglais a écrit:
Choros a écrit:C'est un débat qui a déjà eu lieu de nombreuses fois sur ce forum.
J'ai la flemme de faire de l'archéologie internétique pour retrouver les différents messages, mais de mémoire, on a déjà vu des déclarations de Shotwell laissant à penser que le coût de lancement de Falcon 9 était au moins divisé par deux par rapport à un lanceur neuf.
Pour mémoire, le premier étage représente à lui seul les trois-quarts du prix de la fusée, soit environ 37,5 millions de $.
L'enjeux est donc que sa réutilisation soit moins chère que ce prix. 
Idem pour les coiffes qui coûtent 6 millions neuves.
Le deuxième étage lui sera toujours neuf quoi qu'il arrive.

Oui je sais, le débat revient régulièrement. Et il n'est certainement pas tranché. Shotwell peut bien dire ce qu'elle veut, elle ne publie pas les comptes de SpaceX.
Je me contente simplement de rappeler ce point quand des intervenants prennent pour acquis le caractère "révolutionnaire" de la réutilisation, et prévoient un futur radicalement transformé grâce à elle. Je n'y crois que très partiellement (je ne suis pas un réac' qui va à contre-courant pour se faire mousser, la réutilisation apporte certainement plein d'avantages, plus que d'inconvénients).
J'apporte des arguments qui tempèrent les avantages de la réutilisation. Libre à chacun de les réfuter, ou de porter des œillères pour ne pas briser le rêve...

Je n'ai même pas évoqué les pénalités de masse très importantes qu'engendre la réutilisation, ou l'augmentation de coût et de masse des moteurs car pas prévus pour du one-shot, car à la base ce n'était pas vraiment le propos, mais plus on creuse et plus on s'aperçoit qu'il est probable que les gains financiers de la démarches aient plus de probabilité d'être marginaux que "révolutionnaires".

A ce propos, a-t-on des données chiffrées sur les pénalités de masse dues à cette réutilisation ? 
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- parachutes des coiffes
- autres ?


C'est étrange car tu affirmes qu'on n'a rien pour déterminer s'ils économisent 1% 5% ou 20% mais tu affirmes également que plus on creuse plus on s'aperçoit que les gains financiers de la démarches ont plus de probabilité d'être marginaux. Pourtant dans les deux cas, on a aucune données sauf ce qu'affirment Musk et Shotwell. Ce sont les meilleurs sources que tu n'auras jamais car une compagnie privée, quelle qu’elle soit, ne dévoilera pas ses véritables chiffres d'affaires.
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Choros a écrit:Qui vivra verra.
Je ne sais pas si c'est révolutionnaire ou pas.
Ce terme a été tellement galvaudé dans tellement de domaines que je m'en méfie.
C'est encore trop tôt pour le dire.

Je me borne à constater une tendance grandissante vers la réutilisation.
D'abord avec SpaceX, mais aussi BO (du moins quand ils feront voler la New Glenn), puis les Chinois, Ariane Next, Rocket Lab et sa Neutron, etc... Même les Russes ont un projet de lanceur réutilisable.
Avec un peu de recul, ça parait logique de vouloir récupérer les engins plutôt que de les jeter après une seule utilisation.
Même si les coûts ne sont pas divisés par 100, une division par 2 ou 3 serait déjà un très grand progrès.

Tous ces gens qui se lancent dans des projets de lanceurs réutilisables suivent-ils une mode? Ou ont-ils finement affûté leurs calculs dans leurs centres de recherche?
Je ne répondrai pas personnellement à cette question, n'étant pas à leur place.

Mais mon opinion personnelle veut croire qu'ils pensent que c'est un pari gagnant.
Et bien évidemment, cette opinion n'a pas force de démonstration.
 Ben voilà, on est d'accord finalement. Je pense aussi que la voie de la réutilisation a plus d'avenir, et le fait que tous les grands acteurs s'y orientent est un indice fort. Un bémol cependant, quand tu dis "Même si les coûts ne sont pas divisés par 100, une division par 2 ou 3 serait déjà un très grand progrès."
Evidemment qu'une division par 100 est impossible, mais même par 2 ou 3 est, pour moi, déjà dans le domaine de fantastique, pour les raisons que j'ai pu évoquer. J'aimerais beaucoup pouvoir affiner ce pifomètre, que je situe entre O% et 40% max.

@Petite Crevette, je ne prétends pas détenir de vérité. Mon intuition est que malgré les nombreux inconvénients qu'entraine la réutilisation (que j'avais commencé à lister pour y voir plus clair, c'était le sens du message auquel tu réponds), son usage reste intéressant sous certaines conditions. 
 Pour les dires des dirigeants de SpaceX, il faut prendre cela pour ce que ça vaux, ni plus ni moins. Sachant que le patron est un des plus grands affabulateurs de notre temps (story-tellers diront ceux à la page), tu comprends mes précautions.
Et pour info, il existe une catégorie d'entreprises "privées" dont tous les compte sont transparents : Ce sont les entreprises cotées en bourse, dites "public companies" chez les anglo-saxons. Ce n'est pas le cas de SpaceX, pour de très bonnes raisons.
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taolanglais a écrit:
....
A ce propos, a-t-on des données chiffrées sur les pénalités de masse dues à cette réutilisation ? 
- ergols de retours
- jambes repliables
- ailettes sommitales
- parachutes des coiffes
- autres ?
De mémoire :
10% du carburant pour un retour sur barge, + 20% pour le retour à terre
les jambes c'est des structures en nids d'abeilles sous les pîeds à changer à chaque vol
les grids c'est refaire le plein en fluide pour le déploiement
pour les parachutes, un "normal c'est dans les 6000€ neuf
Un bateau comme le Doug c'est dans les 5000€ la journée il me semble
pour les coûts du personnel voir avec les syndicalistes de chez SpaceX

Sur un vol facturé an moyenne 60 millions, ça doit faire quand même un peu de marge.
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Anovel
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Au final, pour l'aspect technique, il suffisait de comparer les masses max mises en orbite par la version consommable et la version réutilisée. 5500 kg en géo pour la réutilisable contre 8300 kg pour la consommable. Ça fait une perte de 33%. Je ne sais pas si la proposition reste la même pour le LEO...
Pour les chiffres que je cherchais, c'est 2100kg le système d'atterrissage et environ 50tonnes d'ergols à réserver à la descente.
Il est de notoriété que le coût financier des ergols est marginal relativement au reste. Plein d'autres paramètres restent obscures, mais le shmilblick avance!
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taolanglais

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taolanglais a écrit:Ben voilà, on est d'accord finalement. Je pense aussi que la voie de la réutilisation a plus d'avenir, et le fait que tous les grands acteurs s'y orientent est un indice fort. Un bémol cependant, quand tu dis "Même si les coûts ne sont pas divisés par 100, une division par 2 ou 3 serait déjà un très grand progrès."
Evidemment qu'une division par 100 est impossible, mais même par 2 ou 3 est, pour moi, déjà dans le domaine de fantastique, pour les raisons que j'ai pu évoquer. J'aimerais beaucoup pouvoir affiner ce pifomètre, que je situe entre O% et 40% max.

@Petite Crevette, je ne prétends pas détenir de vérité. Mon intuition est que malgré les nombreux inconvénients qu'entraine la réutilisation (que j'avais commencé à lister pour y voir plus clair, c'était le sens du message auquel tu réponds), son usage reste intéressant sous certaines conditions. 
 Pour les dires des dirigeants de SpaceX, il faut prendre cela pour ce que ça vaux, ni plus ni moins. Sachant que le patron est un des plus grands affabulateurs de notre temps (story-tellers diront ceux à la page), tu comprends mes précautions.
Et pour info, il existe une catégorie d'entreprises "privées" dont tous les compte sont transparents : Ce sont les entreprises cotées en bourse, dites "public companies" chez les anglo-saxons. Ce n'est pas le cas de SpaceX, pour de très bonnes raisons.
Moi je n'affirme rien concernant les chiffres. 
Je fais preuve d'une certaine confiance, mais c'est subjectif.

Quand au fait que SpaceX ne soit pas publique, c'est une volonté de Musk. La conduite des affaires de ce dernier est indissociable de Tesla. Il faut donc regarder ce que ça a impliqué pour lui que Tesla soit cotée en bourse: un harcèlement constant des short-sellers, une pression constante sur le court terme (les bilans devant être publiés trimestriellement) alors qu'il s'engageait sur des projets au long court (engendrant par conséquent une certaine nervosité devant les déficits abyssaux initiaux, justifiés par les énormes investissements dans l'appareil de production et la R&D) et des déboires avec la SEC eu égard au caractère plutôt tumultueux de Musk. Il a même eu la velléité de sortir Tesla de la bourse, mais ça lui est revenu comme un boomerang dans les dents après s'être un peu trop avancé sur la solidité des fonds qu'il pouvait y consacrer. Autant de raisons de ne pas vouloir retenter une introduction en bourse. D'ailleurs, aucune de ses autres compagnies n'est cotée en bourse.

De temps en temps un marronnier ressort sur une possible introduction en bourse de SpaceX ou tout du moins de Starlink via une succursale dédiée.
Ca me parait peu probable car de facto, son emprise sur la société serait amoindrie (je rappelle qu'il détient 78% des droits de votes au sein de SpaceX. Autrement dit, son pouvoir de décision est total et sans partage). A mon avis, il ne ferait un tel mouvement qu'en cas d'extrême nécessité s'il avait besoin de lever des fonds particulièrement conséquent pour SpaceX.
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https://twitter.com/elonmusk/status/1489351220628230147
Ainsi, après le succès de la mission Starlink 4-7 jeudi, dans toute l'histoire de l'astronautique, la Falcon 9 est la fusée qui a effectué la plus longue série de vols réussis consécutifs (111 vols orbitaux sans la moindre défaillance).

Pour plus d'explication : https://arstechnica.com/science/2022/02/spacexs-falcon-9-rocket-has-set-a-record-for-most-consecutive-successes/

En 2022, si tout se passe bien, deux tiers des charges utiles satellisées autour de la Terre auront été lancées par une fusée Falcon 9.

Voici, en tout cas, ce qu'écrit Elon Musk.

Car si tout se passait encore mieux que "bien", les tonnages mis sur orbite par le Starship feraient baisser la proportion des deux tiers envisagée pour la Falcon 9.

Comme quoi Elon Musk n'est pas toujours si optimiste qu'on le dit parfois.  FB_clinoeil
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Selon Scott Manley, une tempête solaire a provoqué le retour prématuré dans l’atmosphère et donc la perte de 80% des satellites Starlink de ce vol. L’orbite basse choisie par SpaceX et le risque pris s’expliquent par le souci d'éviter des débris orbitaux.
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Sur le même sujet :

https://www.space.com/spacex-starlink-satellites-lost-geomagnetic-storm

L'effet de la tempête solaire est décrite ainsi :

A day later, a geomagnetic storm above Earth increased the density of the atmosphere slightly, increasing drag on the satellites and dooming most of them.
Cela a augmenté le freinage par l'atmosphère ..... et accéléré fortement leur rentrée

Article du Guardian qui cite les explications données par Space X

https://www.theguardian.com/science/2022/feb/09/spacex-to-lose-up-to-40-starlink-satellites-after-geomagnetic-storm

notamment qu'une manoeuvre aurait été tentée mais sans succès (je n'ai pas trop compris si c'était un cas prévu dans leur logiciel de vol et donc une réaction automatique  ou si c'était commandé du sol)

Though the satellites were commanded to “take cover from the storm” by flying “edge-on (like a sheet of paper)”, they failed to carry out the manoeuvres required to reach their required orbit.
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Par le même mécanisme, la multiplication des tempêtes solaires à la fin des années 1970 avait, on s’en souvient, provoqué le retour prématuré dans l’atmosphère et la destruction de Skylab, alors qu’il avait été envisagé d’utiliser un peu cette station spatiale vieillissante de première génération dans le programme de vols habités de la navette spatiale américaine.

Le passage de la marine à voile à la marine à vapeur et tous les autres progrès de la navigation maritime qui ont suivi n’ont pas mis fin aux naufrages. Les colères de Poséidon resteront meurtrières jusqu’à la fin des temps. 

De même, l’arrivée des fusées réutilisables et super fiables n’apportera jamais une sécurité absolue pour les vols spatiaux. Les déchaînements du soleil, les passages aléatoires de météorites, la bêtise humaine qui transporte les essais militaires destructifs autour de la Terre, resteront de grands dangers.

Hauts les cœurs, la conquête de l’espace est un combat.
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La rentrée d'une partie des satellites de ce lancement, au-dessus de Porto Rico :

https://twitter.com/debapratim_/status/1491510110216093699
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12 satellites sont confirmés comme étant toujours en orbite, dont 11 ayant élevé leur orbite et 1 dont la rentrée est prévue le 13 février 2022.

38 satellites sont donc perdus pour la constellation.
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AMHA cela reste un inattendu "coup de vent" dont les conséquences m'étonnent de façon majeure. On ne parle pas d'éventuelles répercutions sur d'autres satellites ? FB_reflechi
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David L. a écrit:12 satellites sont confirmés comme étant toujours en orbite, dont 11 ayant élevé leur orbite et 1 dont la rentrée est prévue le 13 février 2022.

38 satellites sont donc perdus pour la constellation.

Le dernier satellite défaillant est rentré dans l'atmosphère le 12 février à 17h08 GMT.

Les 11 autres satellites élèvent leur altitude pour rejoindre leur orbite opérationnelle.

https://twitter.com/planet4589/status/1492964347794325506
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Liste des 11 survivants :

Falcon 9 (Starlink 4-7) - KSC - 3.2.2022 - Page 2 Starli32
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